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Fabrice
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Jean l’apôtre et Jean l’évangéliste : deux personnes distinctes ? Empty Jean l’apôtre et Jean l’évangéliste : deux personnes distinctes ?

Lun 7 Juin - 15:23
Une théorie avançant que Jean l’apôtre et Jean l’évangéliste étaient deux personnes distinctes semble se répandre peu à peu
tant chez les catholiques : https://youtu.be/_3CoQ4qD-Rk?t=75
que chez les protestants : https://youtu.be/5U-3mK4qUbQ?t=34

L’association Marie de Nazareth a déconstruit cette hypothèse bricolée à partir de quelques fragments de textes. Voir ici : https://youtu.be/xysEgwQMSxY

Comment les écrits de Maria Valtorta peuvent-ils répondre sur ce point ?


Dernière édition par Fabrice le Mer 9 Juin - 19:37, édité 1 fois
Anayel
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Jean l’apôtre et Jean l’évangéliste : deux personnes distinctes ? Empty Re: Jean l’apôtre et Jean l’évangéliste : deux personnes distinctes ?

Mar 8 Juin - 22:12
Bonjour Fabrice,

Je vais tenter de répondre à cette question, au moins partiellement.

D'abord, il est clair que Jean l'Evangéliste et Jean de Zébédée sont une seule et même personne.

Dans l'EMV, les mentions de son future Evangile sont rares, mais Jésus lui dit parfois de se souvenir de tels ou tels passages de sa vie publique.

Ainsi en va-t-il pour la tentative du couronnement du Christ (EMV 464). Jean prend la parole lorsqu'il retrouve son Seigneur :

Maria Valtorta a écrit:
      – Ils voulaient te faire roi ? Mais ils n’ont pas encore compris que ton Royaume n’est pas de cette terre ?

      – Ils ne l’ont pas compris !

      464.16 – Sans donner de noms, raconte-moi, Seigneur…

      – Mais tu ne le répéteras pas ?

      – Si tu ne le veux pas, Seigneur, je ne dirai rien…

      – Tu ne le diras que lorsque les hommes voudront me présenter comme un simple chef populaire. Un jour, cela viendra. Tu seras là et tu diras : “ Il n’a pas été un roi de la terre parce qu’il ne l’a pas voulu, car son Royaume n’était pas de ce monde. Lui, en tant que Fils de Dieu, Verbe incarné, ne pouvait accepter ce qui n’est que terrestre. Il a voulu venir dans le monde et revêtir une chair pour racheter la chair, les âmes et le monde, mais il n’a pas voulu accepter les pompes du monde et les foyers du péché, et il n’a rien eu en lui de charnel ni de mondain.

      La Lumière ne s’est pas enveloppée de ténèbres, l’Infini n’a rien accueilli de fini, mais il a transformé des créatures, limitées par la chair et le péché, en personnes qui désormais lui ressembleraient davantage. Pour cela, il a amené ceux qui croient en lui à la vraie royauté et il a établi son Règne dans les cœurs, avant de l’établir dans les Cieux, où il sera complet et éternel avec tous les sauvés. ”

      Voilà ce que tu diras, Jean, à ceux qui ne voudront voir en moi qu’un homme, et à ceux qui ne verront en moi qu’un esprit, à ceux qui nieront que j’aie subi la tentation… et la souffrance… Tu rapporteras aux hommes que le Rédempteur a pleuré… et qu’eux, les hommes, ont été rachetés aussi par mes larmes…

      – Oui, Seigneur. Comme tu souffres, Jésus !…

      – Comme je rachète ! Mais toi, tu me consoles de ma peine.

Jean obéit à son Maître et écrit dans son Evangile :

Evangile de saint Jean 6, 14-15
À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. » Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

Jésus lui-même précise à Maria Valtorta :

Maria Valtorta a écrit:

      464.17 Jésus dit :

      « C’est pour ceux qui ont le cœur droit qu’a été donnée cette page évangélique, inconnue mais tellement éclairante ! Jean, en écrivant son évangile des dizaines d’années plus tard, fait une brève allusion à cet épisode. Obéissant au désir de son Maître, dont il met en lumière plus que tout autre évangéliste la nature divine, il révèle aux hommes ce détail ignoré, avec cette retenue virginale qui imprégnait toutes ses actions et toutes ses paroles d’une pudeur humble et réservée.

Ce seul passage montre bien que Jean l'Evangéliste et Jean l'Apôtre sont une seule et même personne.

Pourquoi ne pas montrer dans son Evangile qu’il est l’apôtre du Christ ? Parce que Jean est humble et souffre de devoir se mettre en avant. Il suffit de lire l’explication de Jésus, ici mise en spoiler, pour comprendre pourquoi Jean se qualifie de simple « disciple », « celui que Jésus aimait ».

Spoiler:
      Jean, mon confident pour les événements les plus graves de ma vie, ne s’est jamais orgueilleusement prévalu de ces faveurs que je lui faisais. Lisez attentivement : il semble au contraire souffrir de les révéler et dire : “ Je dois transmettre cela parce que c’est une vérité qui est à la gloire de mon Seigneur, mais je vous demande pardon de devoir montrer que je suis seul à la connaître ” et c’est par des paroles concises qu’il fait allusion au détail connu de lui seul.

     464.18 Lisez le premier chapitre de son évangile où il raconte sa rencontre avec moi : “ Jean-Baptiste se tenait là, de nouveau, avec deux de ses disciples… Les deux disciples entendirent ces paroles… André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean et suivi Jésus. Il rencontre en premier lieu… ” Il ne se nomme pas, au contraire, il se cache derrière André, qu’il met en lumière.

     A Cana, il était avec moi, et il dit : “ Jésus était présent avec ses disciples… et ses disciples crurent en lui. ” C’étaient les autres qui avaient besoin de croire. Lui croyait déjà, mais il ne fait qu’un avec les autres, comme s’il avait besoin de voir des miracles pour croire.

     Témoin, la première fois que j’ai chassé les marchands du Temple, ainsi que lors de l’entretien avec Nicodème et à l’épisode de la Samaritaine, il ne dit jamais : “ J’y étais ”, mais il garde la ligne de conduite qu’il avait prise à Cana et il emploie l’expression : “ Ses disciples ”, même quand il était seul ou avec un autre. Et il continue ainsi, sans jamais se nommer, mais en mettant toujours en avant ses compagnons, comme s’il n’avait pas été, lui, le plus fidèle, le toujours fidèle, le parfaitement fidèle.

     Rappelez-vous la délicatesse avec laquelle il fait allusion à l’épisode de la Cène, dont il ressort que c’était lui le bien-aimé reconnu comme tel même par les autres, qui ont recours à lui quand ils veulent connaître les secrets du Maître : “ Les disciples commencèrent donc à se regarder les uns les autres, se demandant de qui il parlait. L’un d’eux, celui que Jésus aimait, reposait sur sa poitrine. Simon-Pierre lui fit signe : ‘Demande de qui il parle.’ Celui-ci, appuyé comme il l’était sur la poitrine de Jésus, lui demanda : ‘Qui est-ce donc, Seigneur ?’  ”

     Il ne se cite pas lorsqu’il est appelé à Gethsémani avec Pierre et Jacques. Il ne dit pas non plus : “ J’ai suivi le Seigneur. ” Il écrit : “ Simon-Pierre et un autre disciple avaient suivi Jésus. Comme ce disciple était connu du grand-prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand-prêtre. ” Sans Jean, je n’aurais pas eu le réconfort de les voir, lui et Pierre, dans les premières heures où je fus arrêté. Mais Jean ne s’en vante pas.

     Il fut l’un des principaux personnages à l’heure de la Passion, l’unique apôtre qui y fut constamment présent, plein d’amour, plein de pitié, héroïquement présent près du Christ et de sa Mère, en face de Jérusalem déchaînée. Il tait pourtant son nom même dans l’épisode majeur de la Crucifixion et des paroles du Mourant : “ Femme, voici ton fils ”, “ Voici ta mère. ” C’est “ le disciple ”, le sans nom, sans autre nom que celui qui a été sa gloire après avoir été sa vocation : “ le disciple ”.

     Même après avoir reçu l’honneur d’être devenu le “ fils ” de la Mère de Dieu, il ne s’exalte pas. A la Résurrection, il dit encore : “ Pierre et l’autre disciple (auxquels Marie, sœur de Lazare, avait parlé du sépulcre vide) sortirent et allèrent… Ils coururent… mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier. Il se pencha et vit… mais il n’entra pas… ” Quel trait de douce humilité ! Lui, le disciple bien-aimé, le fidèle, il laisse d’abord entrer Pierre, qui est le chef bien qu’il ait péché par lâcheté. Il ne le juge pas. C’est son grand-prêtre à lui. Il le secourt même par sa sainteté, car les “ chefs ” eux-mêmes peuvent avoir besoin — et même ont besoin — de l’aide de leurs sujets.

     Combien de subordonnés sont meilleurs que des “ chefs ” ! Vous qui êtes de saints sujets, ne refusez jamais votre pitié aux “ chefs ” qui fléchissent sous un fardeau qu’ils ne savent pas porter, ou qui sont aveuglés et enivrés par la fumée des honneurs. Soyez, ô mes saints sujets, les Simon de Cyrène de vos supérieurs. Et je m’adresse à toi également, mon petit Jean, car c’est à toi que je parle pour tous : soyez les “ Jean ” qui courent en avant et qui guident les “ Pierre ”, puis s’arrêtent pour les laisser entrer par respect pour leur charge. Soyez les “ Jean ” qui — ô chef-d’œuvre d’humilité ! —, pour ne pas vexer les “ Pierre ” qui ne savent pas comprendre et croire, en arrivent à paraître et à laisser croire qu’ils sont obtus et incrédules eux aussi, comme les “ Pierre ”.

     Lisez le dernier épisode sur le lac de Tibériade. C’est encore Jean qui, réitérant ce qu’il a fait à d’autres reprises, reconnaît le Seigneur dans l’Homme debout sur la rive. Et, après qu’ils eurent pris leur repas ensemble, à la question de Pierre : “ Et lui, Seigneur, que lui arrivera-t-il ? ” il ne mentionne que “ le disciple ”, rien de plus.

     Pour ce qui le concerne, lui, il s’efface. Mais quand il s’agit de dire quelque chose qui fasse resplendir d’une lumière de plus en plus divine le Verbe de Dieu incarné, alors Jean lève le voile et révèle un secret.

     464.19 Au sixième chapitre de l’évangile, il dit : “ Sachant qu’on allait venir l’enlever pour le faire roi, il se retira de nouveau, seul, dans la montagne. ” Et il fait connaître aux croyants cette heure du Christ, pour qu’ils sachent que multiples et complexes furent les tentations et les luttes auxquelles on soumit le Christ en ses diverses qualités d’Homme, de Maître, de Messie, de Rédempteur, de Roi, et que les hommes et Satan — l’éternel instigateur des hommes — n’épargnèrent aucune machination contre le Christ pour le diminuer, l’abattre, le détruire. Les méchancetés sataniques et humaines, truffées de prétextes présentés comme bons, assaillirent l’Homme, le Prêtre Eternel, le Maître, aussi bien que le Seigneur. On essaya tout pour épier les faits et gestes du citoyen, du patriote, du fils, de l’homme, afin de découvrir le point faible sur lequel faire levier. (...)

 464.20 Ne restez pas avec le compas et le mètre en main, avec le microscope et la science humaine, cessez de mesurer, de lorgner, de discuter avec des raisonnements pédants de scribes, si Jean a bien parlé, jusqu’à quel point ceci ou cela est vrai. Ne superposez pas la phrase de Jean à l’épisode donné hier pour voir si les circonstances correspondent bien. Jean ne s’est pas trompé par faiblesse sénile, et le petit Jean ne s’est pas trompé par faiblesse de malade. Ce dernier a dit ce qu’il a vu. Le grand Jean, bien des années après l’événement, a raconté ce qu’il savait et, avec un fin enchaînement des lieux et des faits, a révélé, non sans malice d’ailleurs, le secret connu de lui seul de la tentative de couronner le Christ. (...)

J'ajoute encore ces passages :

Deux évangélistes seulement étaient des apôtres. (...) Le Maître se reconnaît en Matthieu (voir le discours sur la Montagne, les instructions aux apôtres, l’éloge de Jean-Baptiste et le reste de ce chapitre, le premier épisode du chapitre 15 et le signe dans le ciel, le divorce dans le chapitre 19, puis les trois chapitres 22, 23 et 24). Le Maître se retrouve essentiellement dans le lumineux évangile de Jean, l’apôtre plein d’amour, uni par la charité à son Christ Lumière (30 septembre 1947).

Un seul des évangélistes rapporte ce que je dis avec une exactitude phonographique. Mais c’était le pur et l’amoureux. Réfléchis à cela. La pureté et la charité sont si puissantes qu’elles permettent de comprendre, de se rappeler, de transmettre ma parole sans erreur, pas même d’une virgule ou d’une réflexion. Jean était une âme sur laquelle l’Amour écrivait ses paroles, et il pouvait le faire car l’Amour ne se pose que sur les cœurs purs et n’a de contact qu’avec eux, et Jean était une âme virginale, aussi pure que celle d’un petit enfant. Je n’ai pas confié ma Mère à Pierre, mais à Jean, car la Vierge devait rester avec le vierge. Souviens-toi de ceci : Dieu ne communique pas les substances spirituelles qui rendent à l’âme cette fraîcheur candide, laquelle attire mon regard et obtient ma parole, à qui n’a pas la pureté du cœur, conservée depuis la naissance ou regagnée par un travail assidu de pénitence et d’amour (28 juin 1943)

Jésus parle de Jean l'Evangéliste, qui a fait preuve d'une grande pureté et le Maître précise bien aussi que c'est ce même Jean que le Christ a confié à sa Mère lors de sa crucifixion : l'apôtre et l'Evangéliste sont donc bien une seule et même personne.

Ce même amour de Jean, apôtre et évangéliste, est encore énoncé dans la dictée suivante :

Lorsqu’il écrivit son évangile, Jean était plus qu’un homme mûr puisqu’il avait atteint un âge avancé, mais il est toujours resté jeune en raison de sa pureté et toujours aussi brûlant d’amour pour le Christ, car nul autre amour humain n’avait détourné la moindre flamme de son amour pour l’Aimé; Jean, l’aigle aimant du Christ, nous a révélé le Christ avec une puissance supérieure à toute autre, uniquement inférieure à celle du Christ nous révélant son Père, laquelle était infinie puisque c’était la puissance même de Dieu (Commentaires de l'Apocalypse, page 617).      

Je vais écrire un second post avec d’autres passages mais j’ai un peu plus de mal à rédiger cette partie.

Cependant ce sont des premiers éléments de réponse tirés de l’Oeuvre Wink

Fraternellement,
Anayel


Dernière édition par Anayel le Mar 8 Juin - 22:43, édité 2 fois
Anayel
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Jean l’apôtre et Jean l’évangéliste : deux personnes distinctes ? Empty Re: Jean l’apôtre et Jean l’évangéliste : deux personnes distinctes ?

Mar 8 Juin - 22:35
Dans l’EMV, on peut encore trouver deux passages indirects que Jean a retransmis dans son Evangile.

Le premier, c’est quand Jean surprend Judas à voler dans la bourse commune (il l'a réellement vu de ses yeux). Jean retrouve plus tard Jésus et il dit :

     « Oh ! ne souffre plus ! Ne souffre plus, Maître ! Je ne peux pas te voir souffrir !

      – Pourrais-je donc ne pas souffrir ? C’est ma plus grande douleur ! Souviens-toi de cela, Jean : ce sera éternellement ma plus grande douleur ! Tu ne peux encore tout comprendre… Ma plus grande douleur… »

      Jésus est accablé, mais Jean le tient serré, en l’embrassant à la taille, angoissé de ne pouvoir le consoler.

      Jésus lève la tête, ouvre ses yeux qu’il gardait clos pour retenir ses larmes, et dit :

      « Rappelle-toi que nous sommes trois à savoir : le coupable, toi et moi. Et personne d’autre ne doit savoir (EMV 527.28).

Plus tard, Jésus dira que Jean a pu soulever les zones d'ombres des apôtres. Dans les premiers temps, l'Evangile ne devait pas souffrir d'imperfection, pour attirer à lui les païens et les âmes, emprisonnées dans le péché. Lorsque Jean écrit son Evangile, vers la fin du premier siècle, l'Eglise est alors bien affermie : il peut alors révéler ce que les autres Evangélistes ont tenu caché (je n’ai pas retrouvé cette leçon de Jésus, malheureusement, même si je me souviens bien l’avoir lue. Peut-être que quelqu’un d’autre le retrouvera et le mettra ici ?).

En attendant, j’ai retrouvé cet autre extrait :

Jean, le quatrième évangéliste, est l’aigle. Il tient de l’aigle le vol haut, puissant et solitaire, ainsi que la capacité à fixer le soleil. On retrouve chez Jean l’évangéliste la noblesse de cet oiseau royal, son vol puissant et le pouvoir de fixer le soleil divin, Jésus (…)

L’évangile de Jean nous présente sincèrement les vérités les plus sublimes, les plus suaves, les plus profondes, comme les vérités les plus rudes. De son œil d’aigle et par l’élévation de son esprit à la suite de l’esprit du Maître, il a vu de haut les grandeurs sublimes comme les extrêmes bassesses, il a mesuré toute l’étendue de l’amour du Christ et de la haine du monde juif pour le Christ; il a vu le combat entre la lumière et les ténèbres — ces ténèbres trop nombreuses —, c’est-à-dire celles de trop d’ennemis de son Maître, parmi lesquels se trouve même un disciple et apôtre que Jean désigne clairement, dans son évangile de la vérité et de la lumière, par un de ses vrais noms: "voleur"; il a vu les complots obscurs, les pièges subtils employés pour faire que le Christ soit mal vu des Romains, des juifs et de ces "petits" qui formaient le troupeau des fidèles du Christ. (…)

L’aigle aime les sommets solitaires sur lesquels le soleil darde tous ses feux, et plus le soleil resplendit plus l’aigle le fixe, comme fasciné par son éclat et sa chaleur. Jean était lui aussi un solitaire, même s’il vivait avec ses compagnons aussi bien avant qu’après la Passion et l’Ascension du Maître; c’était vraiment un apôtre différent, un homme et un disciple unique sous bien des aspects, qui n’était uni aux autres que par un très vif amour. Lui aussi, à l’instar de l’aigle, aimait à se tenir sur les sommets, sous l’incendie de son Soleil et ne regarder que lui, en écouter chaque parole prononcée ou secrète, c’est-à-dire les leçons et les conversations profondes et aimables du Christ, comme ses effusions solitaires, ses prières et communions au Père, dans le silence de la nuit ou au plus profond des bois, là où le Christ — ce grand solitaire, puisque grand inconnu et incompris — s’isolait pour trouver quelque réconfort dans l’union à son Père.  (…)

Personne n’a compris le Christ intime aussi bien que Jean. Il en a connu toutes les perfections. Il a pénétré dans le mystère et l’océan de ses vertus et a vraiment mesuré la hauteur, la largeur et la profondeur de ce Temple vivant non fait de main d’homme et que les hommes cherchaient en vain à détruire. Des dizaines d’années plus tard, il les a écrites et décrites, nous laissant l’évangile le plus parfait en véridicité historique, le plus puissant en doctrine, le plus lumineux de lumières sapientielles et caritatives, le plus fidèle pour décrire les épisodes et les caractères, capable de dépasser les étroitesses d’esprit des juifs et de décrire même ce que les autres évangélistes n’avaient pas osé dire:  la Samaritaine, l’officier royal, le scandale, la fuite et la révolte des disciples contre le Maître après le discours sur le Pain descendu du ciel, et encore la femme adultère, les discussions ouvertes avec les juifs, les pharisiens, les scribes et les docteurs de la Loi, le fait qu’il se soit réfugié en Samarie à Ephraïm, ses contacts avec les païens, la vérité sur Judas "qui était un voleur", ou bien d’autres choses encore.

Il y a également le discours de la Création, où on perçoit déjà les prémisses de son Evangile. C’est lui qui parle et qui retranscrit l’un des discours de Jésus.

244.7 Dieu a donc fait la création. Pour comprendre le mystère glorieux de notre Etre un et trine, il faut savoir croire et voir qu’au commencement était le Verbe et qu’il était auprès de Dieu, tous deux unis par l’Amour très parfait que seuls peuvent répandre les deux êtres qui sont Dieu tout en étant un. (…)

      Au commencement, il y eut le ciel et la terre, et c’est pour eux que la lumière fut, et par la lumière toutes choses furent faites (…).

C’est Jean qui parle. Et comment ne pas voir une analogie avec son Evangile ?

Evangile de saint Jean, 1, 1-5

01 Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu.

02 Il était au commencement auprès de Dieu.

03 C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.

04 En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes ;

05 la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée.

Voilà, c’est un peu tout ce qui me venait à l’esprit.

J’espère juste avoir présenté ça de façon assez claire…

Si je dois clarifier certaines choses, n’hésitez pas à intervenir.

Fraternellement,
Anayel
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Jean l’apôtre et Jean l’évangéliste : deux personnes distinctes ? Empty Re: Jean l’apôtre et Jean l’évangéliste : deux personnes distinctes ?

Ven 11 Juin - 21:08
Merci beaucoup Anayel. Nous pouvons ajouter cet extrait du chapitre 468.1 :

Jésus à Maria Valtorta : « L’ordre des évangiles est bon, mais pas parfait chronologiquement parlant. Un observateur attentif le remarque. Celui qui aurait pu donner l’ordre exact des faits — puisqu’il est resté avec moi depuis le commencement de l’évangélisation jusqu’à mon ascension —, ne l’a pas fait. En effet Jean, en vrai fils de la Lumière, s’est occupé et préoccupé de faire briller la Lumière à travers son vêtement de chair aux yeux des hérétiques qui attaquaient la réalité de la Divinité enfermée dans une chair humaine. Le sublime évangile de Jean a atteint son but surnaturel, mais la chronique de ma vie publique n’en a pas été aidée. »

Lire dans le contexte : https://valtorta.fr/troisieme-annee-vie-publique-de-jesus/un-repentir-de-judas.html
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